Questions à un Michel Issaly secrétaire des vignerons indépendants




Michel Issaly est secrétaire des vignerons indépendants, il connaît les soucis des vignerons.
Vous pourrez lire dans Le guide des vins vivants : une nouvelle vision du vin naturel ; une interview de Michel Issaly très ouverte sur des problèmes des vignerons et des solutions

JCB : Comment travaillez-vous vos vignes ?
MI : J’ai cinq hectares de vignes, la moitié est travaillée au cheval et la seconde est un peu désherbée seulement sur la surface (désherbant foliaire). Je suis sur une étape de transi-tion. Les vignerons bio appellent cette étape « la phase pour annihiler la peur ». Ce passage est normal, il est un peu long. Mais le plus important est de changer (dix ans aupara-vant, j’étais en viticulture conventionnelle et j’utilisais les désherbants systémiques). J’ai viré de bord il y a huit ans, je progresse et le terroir me le rend en bien. Le but est que l’ensemble soit travaillé au cheval.
JCB : Serez-vous certifié bio ?
MI : Je ne pense pas, car suivre (et payer) le cahier des charges ne m’intéresse pas… Mais dans l’avenir, produire des AOC voudra dire automatiquement ne plus utiliser les désherbants chimiques systémiques. Le B.A.-ba de la viti-culture de l’AOC est l’agriculture biologique et biodynami-que.
JCB : Vinifiez-vous en levures indigènes ?
MI : Oui, mais j’ai essayé trois fois la vinification en levures sélectionnées de laboratoire. Ajouter de la poudre au moût ne me plaisait pas. Pour moi, ce n’était pas naturel. Mon but est de travailler en cave en retranscrivant mon terroir dans le vin, donc en utilisant les levures indigènes.
JCB : Quelle est la marque de terroir dans un vin ?
MI : La minéralité.
JCB : Pour moi, cette marque de terroir est la clé de la renaissance des vins en France. Il faut que les instances viticoles reconnaissent cette marque, mais aussi les cau-ses de cette marque (symbioses entre la vinification en levures indigènes avec travail des sols sans désherbants).
MI : Je suis d’accord, mais ceux qui sont en place actuelle-ment ne se contrediront pas. Nous devons préparer nos en-fants. Peut-être que nos enfants défendront et gagneront. Le plus important est :
? De redéfinir un AOC et revaloriser l’AOC grâce à une mé-thodologie (viticulture sans désherbants systémiques et vi-nification en levures indigènes).
? De définir une viticulture agroalimentaire qui se pratique principalement en cave. Mais attention, la matière première doit être neutre.
JCB : Votre verdict ?

MI : Il faut être prudents, car si on élabore des pratiques œnologiques utilisées dans les vins Sud-Américains, Afri-cains, et Océaniens dans nos AOC, nous perdront notre ter-roir !

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