Anathomie d'un mythe





Robert Parker : La fin d’un mythe ?
Le livre Hanna Agostini « Anatomie d’un mythe » est sorti le jeudi 25 octobre 2007. Cette ancienne collaboratrice de Robert Parker décrit dans ce livre le portrait de ce célèbre « gourou ».
« En faisant mon travail de traduction, j’ai vu ce qui n’allait pas. Mais c’est un puzzle dont les pièces se mettent peu à peu en place (…..)
Vieux d’une bonne douzaine d’années, repris quasiment à l’identique depuis la version américaine de 1993, les textes du guide Bordeaux sont généralement muets sur l’évolution des domaines des propriétés viticoles dans les années1990, période riche de la viticulture française » explique l’auteur à l’AFP
Citant notamment Michel Rolland, elle révèle que les domaines vinifiés par ce dernier sont notés généreusement par l’américain.
L’ancien président de l’union des Grands crus de Bordeaux, Alain Raynaud, a introduit une demande en référé devant le tribunal de Libourne pour une suppression de certains passage du livre le concernant.
Le juge des référés a considéré que l'ouvrage, "Robert Parker, anatomie d'un mythe" par Hanna Agostini et Marie-Françoise Guichard (Ed. Scali) ne portait aucune "atteinte intolérable" à Alain Raynaud, propriétaire du Château Quinault-l'Enclos et ancien président de l'Union des grands crus de Bordeaux, a précisé Me Philippe Gumery à l'Associated Press.

Extrait de Yahoo France actualité du mercredi 24 et vendredi 26 octobre 07
Robert Parker





Mon avis :



Un livre sur Robert Parker : Anatomie d’un mythe de Hanna Agostini. Ce livre décrypte « les méthodes de travail et les défaillances du système de notations du "pape des vignobles" tant redoutées, en particulier dans le bordelais ».

J’ai vu il y a deux ans un très bon reportage de canal Plus sur Robert Parker. Ce reportage nous apprenait que Monsieur Robert Parker était un bon dégustateur mais il avait une mauvaise habitude : il ne déguste pas à l’aveugle. Ensuite, un des consultants apporte une liste des notes de Robert Parker dans le Bordelais. Les châteaux notés entre 95 et 100 ont le même dénominateur commun : l’œnologue Michel Rolland.

En temps que dégustateur professionnel, la meilleure façon de déguster est la symbiose des trois procédés.
1/ Dégustation avec le viticulteur : elle permet de connaître le vigneron et de savoir si il dit vrai ou pas. Le défaut de cette dégustation : son objectivité.
2/ Dégustation à l’aveugle : elle permet de confondre notre mémoire et notre professionnalisme. Il y a souvent beaucoup de surprise. Le défaut de cette dégustation : la difficulté de juger un vin vivant.
3/ La dégustation chez soi pendant plusieurs jours : elle permet de connaître en profondeur le vin pendant 1 à deux semaines. Si il est fait artificiellement, il est mort au bout de 6 jours,et au bout de trois semaines il y a de la pourriture verte sur la robe.


Les deux dernières dégustations sont souvent liés et importantes.


Est-ce que monsieur Robert Parker a fait du mal à la viticulture française ?
<<J’ai entendu une pléthore de louanges et de critiques sur Robert Parker. Certains le proclament comme meilleur dégustateur du monde, d’autres le dénoncent comme celui qui a standardisé le vin français.
Le seul défaut de Robert Parker est, à mon avis, de ne pas déguster le vin à l’aveugle... et s’il est de l’école « buccale », nous ne pouvons l’en blâmer. Nous, dégustateurs professionnels, n’avons pas cerné à temps les deux styles de dégustation, et mesuré le danger de la « dégustation buccale ». Nous avons donc suivi Parker comme un dieu ou un mentor, véritable maître de l’initiation. Même s’il se présente comme l’avocat défenseur des consommateurs de vin, il faut rester vigilant.




Que les dégustateurs professionnels soient pris pour des éclaireurs du goût, c’est un fait, mais pour des références vivantes quasi « divines », c’est dangereusement abusif.
Ce n’est pas Robert Parker qui a standardisé le vin français, c’est notre faute. Dégustateurs professionnels et pouvoirs publics ont laissé faire, et sur une vingtaine d’années le serpent constricteur de la standardisation s’est lentement enroulé autour de sa proie.
Il faut absolument que les grandes instances viticoles reconnaissent l’existence des écoles. Les œnologues, journalistes, professionnels du vin et consommateurs doivent être informés et formés. C’est une véritable révolution du vin. Le débat est déjà lancé… »


Les styles de dégustation:

" Le style buccal "
Cette dégustation se concentre sur la bouche essentiellement, s’attachant aux tanins, à la concentration de la bouche mais sans retour de bouche. Ce style est adapté aux vins issus de levures sélectionnées de laboratoires, la plupart sont parkerisés.

"Le style spirituel "
La rétro-olfaction (retour de bouche après avoir barboté puis avalé ou recraché le vin) est longue, les arômes complexes (de minéralité de fruits d’épices selon les vins…) vous remplissent la bouche et vous titillent l’esprit et le cerveau (arrière du crâne).
La standardisation des vins s’est développée d’une part à causes des produits chimiques utilisés dans les vignes, et d’autre part à cause de l’utilisation des levures sélectionnées de laboratoire dans le processus de vinification.

"La marque de terroir"
C’est la rétro-olfaction minérale longue qui se dévoile après avoir avalé le vin. Elle se manifeste dans un vin grâce à la symbiose de la vinification et d’une agriculture saine sans désherbants chimique>>

Extrait de « le guide du vin vivant aux éditions Anagramme de Jean-Charles Botte

En conclusion, les révélations dans Le livre sur Robert Parker ne me surprennent pas. Si cela peut faire avancer les choses


Jean-Charles Botte

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